Surveillance de la glycémie : les différents examens et leurs indications

Mis à jour le 07 novembre 2019

Le taux de glucose dans le sang, aussi appelé glycémie, est un témoin de la production et de l’utilisation des sucres par l’organisme. Chez certaines personnes, ces deux fonctions peuvent se dérégler et aboutir au diabète. La glycémie est donc un indicateur essentiel dans le diagnostic de la maladie. Comment la mesurer ? Quand faut-il le faire ? On fait le point avec le Dr Boris Hansel, diabétologue.

La glycémie, ou taux de sucre dans le sang, est régulée par l’insuline. Cette hormone secrétée par le pancréas permet au glucose de pénétrer dans les cellules du corps pour être utilisée comme énergie ou être stockée pour une utilisation future. Ce taux de sucre dans le sang varie au cours de la journée en fonction des aliments consommés et des besoins en énergie.

  • Chez les personnes non-diabétiques, l’insuline est produite en continu et dans des quantités qui s’adaptent aux besoins et à l’alimentation.
  • Chez les personnes diabétiques, ce mécanisme est déréglé et le taux de sucre doit être rééquilibré par des médicaments et/ou des injections d’insuline. La surveillance de la glycémie est, de ce fait, indispensable pour détecter la maladie le plus tôt possible, la traiter, et ainsi éviter ses complications (maladies cardiovasculaires, cécité, amputation…).

Surveillance de la glycémie avant le diagnostic du diabète

La glycémie veineuse

La glycémie veineuse consiste à mesurer le taux de sucre dans le sang à jeun, grâce à un prélèvement sanguin. Le patient ne doit pas avoir mangé au cours des 12 heures précédant la prise de sang. Cet examen est prescrit une fois par an si le/la patient(e) :

En l’absence de ces facteurs de risque de diabète, le dosage de la glycémie à jeun est prescrit tous les ans chez les femmes à partir de 50 ans et chez les hommes à partir de 40 ans. "L’âge s’accompagne de perturbations de la production et de l’utilisation des sucres par l’organisme", précise le Dr Hansel.

Cet examen peut également être demandé par un médecin en présence de certains symptômes caractéristiques du diabète :

  • Une soif intense ;
  • Des envies fréquentes d’uriner ;
  • Une fatigue extrême ;
  • Une perte de poids inexpliquée.

Le test de tolérance au glucose

Aussi appelée hyperglycémie provoquée par voie orale, le test de tolérance au glucose est indiqué si un diabète est fortement suspecté. Il est réalisé dans un laboratoire et consiste à faire ingérer une dose de glucose (1 g par kilo de poids avec un maximum de 75 g) au patient puis à doser sa glycémie toutes les 30 minutes dans les 2 heures qui suivent la prise de sucre. Ce test permet de voir comment l’organisme utilise les sucres. "Grâce à ce test, on peut repérer un prédiabète", signale le diabétologue.

Surveillance de la glycémie en présence d’un diabète

L’hémoglobine glyquée (HbA1c)

Chez les diabétiques, l’hémoglobine glyquée est mesurée 3 à 4 fois par an. L’hémoglobine glyquée est la part de l’hémoglobine qui capte le sucre dans le sang. "Cet examen permet de voir si le diabète est équilibré ou non et d’adapter le traitement en conséquence", indique le Dr Hansel. Il se fait en laboratoire grâce à un prélèvement sanguin ou à partir d’une goutte de sang obtenue par piqûre au bout du doigt. Un taux normal d’hémoglobine glyquée est de 7 %. "Ce chiffre est valable pour la majorité des gens mais la valeur souhaitable pour un patient diabétique est évaluée au cas par cas", souligne le spécialiste.

La glycémie capillaire

La glycémie capillaire fait partie des tests d’autosurveillance de la glycémie chez les diabétiques. Elle concerne majoritairement les patients qui doivent s’injecter de l’insuline plusieurs fois par jour pour réguler leur taux de sucre dans le sang. Ce test consiste à se piquer le bout du doigt pour recueillir une goutte de sang qui sera déposée sur une bandelette à insérer dans un lecteur instantané de la glycémie. La glycémie capillaire permet d’avoir une mesure du taux de sucre dans le sang en temps réel et d’adapter rapidement le traitement si le taux n’est pas équilibré.

À voir aussi

La mesure du glucose en continu (MGC)

La glycémie peut être mesurée en continu grâce à un capteur placé sous la peau (dans l’abdomen ou dans le bras). Ce capteur mesure le taux de sucre dans le liquide interstitiel (liquide qui se trouve entre les capillaires sanguins et les cellules). La concentration de glucose est ainsi mesurée toutes les 10 secondes. Le taux mesuré par le capteur est transmis à un récepteur (pompe à insuline, smartphone, lecteur de glycémie) qui conservent toutes les données.

La télésurveillance de la glycémie

Les médecins qui prennent en charge des personnes diabétiques peuvent télésurveiller leurs patients. Les données de glycémie obtenues grâce à l’autosurveillance sont directement envoyées à l’équipe soignante via une plateforme en ligne sécurisée. Les données régulières peuvent ainsi être surveillées par les médecins en charge du patient. "Ce système de télésurveillance est remboursé par l’Assurance Maladie depuis un an et demi. Il concerne les patients dont le diabète est difficile à équilibrer", rapporte le diabétologue.

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Contrôle de l’acétone : un indicateur indirect de la glycémie

L’acétone est un produit de la dégradation des graisses par l’organisme. Il apparaît dans le sang ou dans les urines. Son taux (recueilli par prélèvement sanguin ou des urines) élevé peut être le signe d’un diabète. Le taux d’acétone augmente dans l’organisme quand les graisses sont utilisées plutôt que le sucre pour puiser de l’énergie. En effet, en l’absence d’insuline, qui aide à fixer le glucose sur les cellules, l’organisme va utiliser les graisses pour obtenir de l’énergie.

Problème, l’acétone est un composé potentiellement dangereux pour la santé s’il est présent en excès car il acidifie le sang et peut conduire à une acidose. "La mesure de l’acétone est indiquée dans les cas où le diabète est déséquilibré à cause d’un manque d’insuline", conclut le Dr Hansel.

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Mis à jour le 07 novembre 2019
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