Vaccin Pfizer covid-19 : efficacité, allergies, effets secondaires

 David Bême
David Bême Rédacteur en chef
Mis à jour le 05 octobre 2021

Selon plusieurs études, le vaccin des laboratoires Pfizer (Etats-Unis) et BioNTech (Allemagne) serait "efficace" à 95% pour prévenir les infections de Covid-19. C'est le premier vaccin à être utilisé dans le cadre de la campagne de vaccination européenne débutée le 27 décembre 2020. Quelle est la technologie de ce vaccin à ARN messager ? Quelle est son efficacité ? Doctissimo fait le point.

Les dernières actualités sur le vaccin Pfizer

  • L'Agence européenne du médicament a annoncé mercredi 11 août étudier un éventuel lien entre les vaccins Pfizer et Moderna et des cas d'érythème polymorphe (réaction cutanée allergique) et des cas de syndrome méphrotique (trouble rénal).
  • Des troubles menstruels ont été rapportés après l'injection du vaccin Pfizer.
  • Emmanuel Macron a annoncé qu'une troisième dose serait "vraisembablement" nécessaire à la rentrée "pour les plus fragiles et les plus âgés".
  • Les résultats d'une étude de grande ampleur réalisée en Israël confirme l'efficacité du produit à plus de 95% après l'injection des deux doses. 
  • L'OMS a reconnu un lien "probable" entre les vaccins à ARN messager et la survenue de troubles cardiaques.
  • L'Agence européenne des médicaments (EMA) a autorisé l'utilisation du vaccin Pfizer-BioNTech chez les 12-15 ans.

Vaccin Pfizer-BioNtech : le premier vaccin autorisé en Europe

Lundi 21 décembre 2020, la Commission européenne a accordé une autorisation conditionnelle de mise sur le marché (AMMc). Cette décision fait suite à la recommandation de l'Agence Européenne du Médicament (EMA). "Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’EMA a achevé son évaluation rigoureuse de Comirnaty, concluant par consensus que des données suffisamment solides sur la qualité, la sécurité et l’efficacité du vaccin sont désormais disponibles pour recommander une autorisation de mise sur le marché conditionnelle formelle. Cela fournira un cadre contrôlé et solide pour soutenir les campagnes de vaccination à l'échelle de l'UE et protéger les citoyens de l'UE", précise l'EMA dans un communiqué. 

"L'autorisation de l'UE est fondée sur l'ensemble des preuves scientifiques partagées par les entreprises et soumises le 1er décembre 2020, dans le cadre du processus d'évaluation continue de l'EMA et de la demande d’AMMc. Celles-ci comprenaient les données de l’étude clinique pivot de phase 3 le mois dernier et publiées le 11 décembre dans le New England Journal of Medicine", détaille le laboratoire Pfizer dans un communiqué. 

La vaccination a débuté en France le 27 décembre, comme l'a affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur Twitter : "Début de la campagne de vaccination française et européenne dimanche !"

Une efficacité de 95%

Le feu vert des autorités de santé américaines fait suite aux résultats complets des essais cliniques, publiés le 10 décembre 2020 dans la revue scientifique très respectée The New England Journal of Medecine, qui dans un éditorial parle d'un "triomphe". 

La recherche confirme que "un régime à deux doses (administrées à 21 jours d'intervalle, ndlr) a conféré une protection de 95% contre Covid-19 chez les personnes de 16 ans ou plus", peut-on lire dans l'étude. Un total de 43 548 patients ont été randomisés, c'est-à-dire que les participants ont été répartis de façon aléatoire dans un groupe témoin et un groupe expérimental. 21 720 volontaires ont reçu les deux doses de vaccin, contre 21 728 qui ont pris un placebo. "Il y avait 8 cas de Covid-19 avec apparition au moins 7 jours après la deuxième dose parmi les participants assignés à recevoir BNT162b2 (le nom du vaccin, ndlr) et 162 cas parmi ceux assignés au placebo", notent les auteurs.  La protection des patients a été obtenue sept jours après l'injection de la deuxième dose du vaccin et 28 jours après la premières, selon les résultats préliminaires (publiés avant l'étude de The New England Journal of Medecine). 

Le vaccin peut se conserver jusqu'à 5 jours "aux températures standard du réfrigérateur une fois prêt à l'emploi, des températures très froides sont nécessaires pour l'expédition et un stockage plus long", lit-on dans l'étude complète.

"Plus de huit mois après le début de la pire pandémie en plus d'un siècle, nous pensons que cette étape représente un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre le Covid-19", se félicitait déjà le président-directeur général de Pfizer, Albert Bourla, dans un communiqué publié le 9 novembre. "Le premier ensemble de résultats de notre essai de vaccin Covid-19 de phase 3 fournit la preuve initiale de la capacité de notre vaccin à prévenir le Covid-19", ajoutait-il. 

Une récente étude affirme qu'une seule injection du vaccin Pfizer/BioNTech permettrait aux patients d'atteindre une immunité de 90% contre le coronavirus, et ce 21 jours après la première inoculation. Cette information vient du média britannique The Guardian, qui révèle le 3 février les résultats d'une analyse du programme de vaccination de masse d'Israël. Elle a été menée par des chercheurs britanniques et n'a pas été relue par leurs pairs. Autre point important : une seconde dose de vaccin serait inutile pour les personnes qui ont déjà contracté le Covid-19. Déjà recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS), cet avis se confirme aussi dans étude publiée le 10 mars 2021 dans la revue New England Journal of Medicine : "la première dose de vaccin agit comme un rappel, rendant la seconde dose superflue" indique Viviana Simon, co-auteure de l’étude.

À voir aussi

D'autres données concernant l'efficacité du vaccin ont été rapportées par le programme de vaccination d'Israël. Les chiffres suggèrent que le vaccin Pfizer prévient presque totalement des infections symptomatiques, rapporte la BBC. L'Agence de santé d'Israël a examiné les tests positifs de 600 000 personnes vaccinées ainsi que ceux de 600 000 autres personnes non vaccinées. Bilan : il y a 94% moins d'infections parmi le groupe vacciné. Le vaccin a également permis d'éviter presque tous les cas de maladies graves, des informations qui concernent aussi les plus de 70 ans. Cependant, ces derniers peuvent avoir été sous-représentés dans les essais cliniques. 

En mai 2021, une nouvelle étude israélienne publiée dans The Lancet affirme que l'efficacité du produit américano-allemand serait estimé à plus de 95% chez les plus de 16 ans ayant reçu les deux doses. Plus précisément, il protège à 95,3% contre les infections, à 97,2% contre les formes nécessitant une hospitalisation et à 96,7% contre les décès. Contrairement à ce que disait l'étude relayé par The Guardian, l'efficacité baisse lorsque le patient n'a reçu qu'une dose : 57,7% contre l'infection, 75,7% contre les hospitalisations et 77% contre les décès chez les plus de 16 ans. 

Le vaccin testé et approuvé chez les enfants

Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont finalement testé leur vaccin sur les plus jeunes et ont rapporté les résultats de leur étude fin mars 2021. Plus de 2000 adolescents américains âgés de 12 à 15 ans ont ainsi participé à des essais de phase 3. Des essais qui "ont démontré une efficacité de 100 % et des réponses d’anticorps robustes", affirment les entreprises dans un communiqué. Celles-ci souhaitent que le vaccin soit disponible pour cette population "avant la prochaine rentrée scolaire". D'autres études ont été et vont être lancées chez des populations encore plus jeunes (5-11 ans, 2-5 ans, 6 mois-2 ans).

Alors que le Canada et les Etats-Unis ont été les premiers pays à autoriser le vaccin Pfizer-BioNTech chez les 12-15 ans, l'Europe leur a emboité le pas le 28 mai : l'EMA a également approuvé l'utilisation du vaccin pour cette tranche d'âge. En France, les enfants de plus de 12 ans peuvent se faire vacciner depuis le 15 juin.

Les effets secondaires recensés sont "temporaires et légers, comme de la douleur au bras, des frissons et de la fièvre", avait affirmé le ministère canadien de la Santé. Aux Etats-Unis, des cas de myocardites (inflammation du muscle cardiaque) ont été rapportés chez des adolescents et des jeunes adultes vaccinés ; il s'agit néanmoins d'événements rares et souvent bénins.

Une immunité à 90% trois semaines après la première injection 

Une seule injection du vaccin Pfizer/BioNTech permettrait aux patients d'atteindre une immunité de 90% contre le coronavirus, et ce 21 jours après la première inoculation. Une information du média britannique The Guardian révèle le 3 février les résultats d'une analyse du programme de vaccination de masse d'Israël. Elle a été menée par des chercheurs britanniques, le professeur Paul Hunter et le docteur Julii Brainard, affiliés à l'Université d'East Anglia. "Nous avons constaté que l'efficacité du vaccin était encore pratiquement nulle jusqu'à 14 jours environ après la vaccination des personnes. Mais après le jour 14, l'immunité a augmenté progressivement de jour en jour à environ 90% au jour 21, puis ne s'est plus améliorée. Toute l'amélioration observée était avant toute seconde injection", a indiqué le professeur Paul Hunter. "Cela montre qu'une dose unique de vaccin est hautement protectrice, même si cela peut prendre jusqu'à 21 jours pour y parvenir". À noter cependant que le risque d'infection a doublé dans les huit premiers jours après la vaccination à cause, peut-être, selon les auteurs, d'un manque de prudence et de précautions après avoir reçu l'injection.

Un constat quasiment similaire selon une étude parue dans le Centers for Disease Control and Prevention : 3950 membres du personnel de la santé, premiers intervenants et autres travailleurs essentiels de première ligne ont fait des tests hebdomadaires du Covid-19 pendant 13 semaines consécutives. Près de 63% d'entre eux ont reçu les deux doses au cours de la période d'étude, 12% ont reçu une seule dose. Bilan : "L'efficacité du vaccin ARNm de l'immunisation complète (donc 14 jours après la deuxième dose) était de 90% contre les infections par le SRAS-CoV-2, quel que soit l'état des symptômes".  Et "l'efficacité vaccinale de l'immunisation partielle", donc deux semaines après la première dose mais avant la deuxième dose, "était de 80%" peut-on lire dans le compte-rendu. 

Et contre la transmission ?

Jusqu'ici les principales études confirment un effet suffisant des vaccins sur les formes graves, mais pas contre la transmission du virus. Une étude menée par le laboratoire Pfizer (laboratoire fabricant) et le réseau de santé Kaiser Permanente, publiée le 5 octobre 2021 dans la revue médicale The Lancet rapporte une efficacité du vaccin contre le risque d'infection qui passe de 88% un mois après la première injection à 47% après la deuxième dose. Cette étude a été effectuée sur 3,4 millions de personnes en Californie du Sud entre le 4 décembre2020 et le 8 août 2021.

A noter tout de même, que les chercheurs admettent ne pas avoir pris en compte les autres techniques de gestes barrières qui auraient pu jouer dans la protection.

Délai entre les doses

Afin d'accélérer la couverture vaccinale complète et les injections de deuxièmes doses sans que les départs en vacances ne soient un frein, le ministre de la Santé, Olivier Véran a annoncé mercredi 15 juin "plus de souplesse entre deux doses d'ARN messager". Le délai entre les deux doses est donc possible entre 21 et 49 jours afin de permettre de prévoir le rendez-vous de sa deuxième dose avant ou après ses vacances car se faire vacciner sur son lieu de vacances "sera pas la règle" a insisté le ministre de la Santé. Néanmoins certains dérogations seront possibles dans des conditions particulières. 

Face à la réticence envers les vaccins de plus en plus importante, liés aux inquiétudes sur les effets secondaires, de plus en plus de personnes n'envisagent de faire qu'une seule injection. Une équipe de l'Imperial College de Londres a mené une étude démontrant l'intérêt de la seconde dose dans l'efficacité et la protection totale contre la Covid-19. 

Après avoir analysé les échantillons sanguins de plusieurs personnes ayant reçu une première dose du vaccin Pfizer, les chercheurs rapportent une couverture de protection immunitaire plus faible contre les variants britanniques et sud-africain, par rapport à ceux ayant déjà été infectés auparavant et donc que le corps a appris à combattre et par rapport aux personnes ayant reçu les deux doses du vaccin. 

Une seule dose pour les personnes déjà infectées

Une seconde dose de vaccin serait, par ailleurs, inutile pour les personnes qui ont déjà contracté le Covid-19. En effet lorsque le vaccin de Moderna ou de Pfizer est injecté à une personne guérie du SARS-CoV-2, une seule dose pourrait suffire. Déjà recommandé par la Haute Autorité de Santé, cet avis se confirme aussi dans étude publiée le 10 mars 2021 dans la revue New England Journal of Medicine : "la première dose de vaccin agit comme un rappel, rendant la seconde dose superflue" indique Viviana Simon, co-auteure de l’étude. 

Pour arriver à cette conclusion, des scientifiques de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinaï à New York ont analysé des échantillons sanguins de 110 personnes. Parmi elles, 67 n’avaient pas été infectées par le virus et 43 avaient été positives auparavant. Les auteurs de l’étude ont constaté que les volontaires qui avaient déjà eu le Covid-19 avaient rapidement développé des niveaux d’anticorps uniformes et élevés dans les jours qui suivaient l’injection : ils étaient 10 à 45 fois supérieurs que ceux qui n’avaient pas été infectés dans le passé.

Après une seconde dose, "aucune augmentation dans les titres d’anticorps n’a été observée chez les anciens malades du Covid-19". Celle-ci a tout de même multiplié par trois le taux d’anticorps des personnes qui n’avaient jamais été malades. À noter cependant que parmi 230 participants, les effets secondaires chez celles et ceux ayant déjà développé des anticorps naturellement antérieurement étaient plus fréquents. Parmi ces effets : fièvre, fatigue, frissons ou encore maux de têtes, mais aucun d’eux n’a conduit à une hospitalisation. Des études supplémentaires seront nécessaires pour confirmer ces résultats. 

Une troisième dose et un rappel ?

Mercredi 11 août, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement a annoncé officiellement qu'une campagne de troisième dose de vaccin serait lancé à la mi-septembre 2021 pour "les personnes âgées de plus de 80 ans et particulièrement vulnérables dès la rentrée".

Interviewé par la chaîne NBC, Albert Bourla, président-directeur général (PDG) de Pfizer, avait expliqué qu'il serait probablement nécessaire pour les personnes ayant été vaccinées avec le sérum anti covid Pfizer de recevoir une troisième dose "entre six et douze mois" après la deuxième. "A partir de là, il y aura une vaccination à nouveau chaque année, mais tout cela doit être confirmé", a-t-il ajouté. Une hypothèse étudiée par le groupe pharmaceutique depuis le mois de février afin de garantir la meilleure protection possible notamment contre les variants. 

Début juillet, les laboratoires Pfizer et BioNTech ont annoncé qu'ils allaient faire une demande d'autorisation pour une troisième dose de vaccin auprès de "la FDA, l’EMA et d’autres autorités régulatrices dans les semaines qui viennent", au vu des résultats encourageants des essais cliniques en cours sur le sujet. "Des données préliminaires de l’étude montrent qu’une dose de rappel administrée six mois après la seconde dose a un profil de tolérance cohérent, tout en suscitant de hauts niveaux d’anticorps neutralisants" contre le virus, mais aussi contre le variant Beta, ont-ils expliqué. Elle pourrait également renforcer l'immunité contre le variant Delta, qui inquiète actuellement les autorités françaises notamment.

"Même si la protection contre les cas graves de la maladie reste haute durant six mois, un déclin dans son efficacité contre les cas symptomatiques au cours du temps et de l’émergence de variants est attendu. C’est pourquoi nous avons dit, et nous continuons à croire qu’il est probable, en se fondant sur la totalité des données que nous avons à l’heure actuelle, qu’une troisième dose pourrait être nécessaire entre 6 et 12 mois après la vaccination", ont conclu les deux sociétés dans un communiqué.

Est-il efficace contre les variants ? 

Quatre variants sont actuellement considérés comme précoccupants (VOC) par l'OMS : le variant Alpha (dit britannique), le variant Beta (Afrique du Sud), le variant Gamma (brésilien), le variant Delta (indien).

Le vaccin de Pfizer est-il efficace contre ces souches ? Dans un communiqué paru le 27 janvier, Pfizer et BioNTech ont révélé les résultats d'une étude pré-publiée dans la revue bioRxiv et menée par des chercheurs de l'université du Texas (Etats-Unis) et d'un chercheur de Pfizer. Lors de leurs travaux menés en laboratoire, ils ont constaté que les anticorps d'individus vaccinés avec le vaccin de Pfizer-BioNtech contre le Covid-19 permettait de neutraliser le SARS-SoV-2 avec des mutations clés des variants du Royaume-Uni et de l'Afrique du Sud

Pour en venir à cette conclusion, trois virus modifiés avec des mutations ont été testés contre un panel de sérums humains de 20 participants, récemment immunisés avec deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech. Dans le premier échantillon, il y avait une mutation commune aux variantes de l'Afrique du Sud et du Royaume-Uni (N501Y), le deuxième contenait trois mutations du variant du Royaume-Uni et enfin le troisième contenait trois mutations du variant de l'Afrique du Sud avec notamment la E484K, qui inquiétait particulièrement les scientifiques, soupçonnée d'être liée à une diminution voire à une résistance du vaccin.

Bilan : "les sérums d'individus vaccinés avec le vaccin Pfizer-BioNTech COVID-19 ont neutralisé toutes les souches de SARS-CoV-2 testées". Cependant, "la neutralisation contre le virus avec avec les trois mutations clés présentes dans le variant sud-africain (E484K, N501Y, D614G) était légèrement inférieure par rapport à la neutralisation du virus chez les autres mutations évaluées". Des "petites différences" qui ne "devraient pas conduire à une réduction significative de l'efficacité du vaccin"

"Bien que ces résultats n'indiquent pas la nécessité d'un nouveau vaccin pour traiter les variantes émergentes, les sociétés sont prêtes à réagir si une variante du SRAS-CoV-2 démontre la preuve d'une immunité échappée par le vaccin COVID-19".

Mais une étude menée par des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv et de Clalit, principale caisse maladie du pays, indique que le variant sud-africain du Covid-19 est davantage capable de "franchir" des défenses du vaccin Pfizer/BioNTech que les autres variants. Pour les besoins de l'étude (non évaluée par des pairs pour le moment), les chercheurs ont suivi 400 personnes non vaccinées ayant contracté le Covid-19, et 400 autres personnes partiellement ou totalement vaccinées et ayant aussi contracté le virus 14 jours ou plus après avoir reçu une ou plusieurs doses. Bilan : chez les individus qui ont reçu les deux doses du vaccin Pfizer, "le taux de prévalence (du variant sud-africain) était huit fois plus élevé que chez les personnes non vaccinées"  a indiqué le co-auteur de l'étude Adi Stern, selon l'AFP"Cela veut dire que le vaccin Pfizer/BioNtech, bien qu'extrêmement protecteur, n'offre probablement pas le même niveau de protection contre le variant sud-africain du coronavirus" que contre les autres formes du virus. En outre, "le variant sud-africain est capable, dans une certaine mesure, de franchir la protection du vaccin" mais considérant "le "très petit nombre de personnes vaccinées infectées" par le variant sud-africain --huit--, c'est "statistiquement insignifiant".

Peut-il contrer le variant Delta (indien) ?

L'arrivée des variants a mis à mal l'efficacité des vaccins anti-Covid. Bien qu'ils permettent toujours de réduire les formes graves et les hospitalisations de façon significatives, c'est du côté du risque d'infection que l'efficacité baisse chez certains sérums dont Pfizer, face au variant Delta notamment, particulièrement identifié comme plus virulent en contagiosité.

Une étude de la Mayo Clinic (USA) publiée en août 2021, menée entre janvier 2021 et juillet 2021, sur 180 000 personnes vaccinées par Pfizer ou Moderna aux USA rapporte que, pour le vaccin Pfizer, l'efficacité contre l'infection est retombée à 42% contre Delta et 76% contre le variant Alpha (variant anglais), tandis que pour Moderna l'efficacité s'est réduite à 76% contre le variant Delta et 86% contre le variant Alpha. Il y a moins de risque d'être positif et donc contagieux avec Moderna.

En revanche, l'efficacité contre les formes graves et les hospitalisations reste positive pour les deux vaccins : 75% d'efficacité pour Pfizer et 81% pour Moderna.

Dans un communiqué, l'Institut Pasteur avait déjà fait état d'une étude menée en collaboration avec l'Hôpital européen Georges Pompidou AP-HP, le CHR d'Orléans et le CHU de Strasbourg. Les chercheurs ont comparé la sensibilité du variant Delta aux vaccins par rapport à celle du variant Alpha.Après avoir isolé le variant Delta du Sars-cov 2, ils ont effectué un test de neutralisation rapide. "Nous montrons que ce variant à propagation plus rapide, a acquis une résistance partielle aux anticorps.", rapportent les scientifiques. Pour les personnes ayant reçu deux doses ou une dose mais après avoir guéri du Covid dans les 12 mois le vaccin Pfizer ou Astrazeneca s'est révélé neutralisant mais 3 à 6 fois moins contre le Delta, que pour l'Alpha. En revanche, chez les personnes ayant reçu seulement leur première dose de vaccin Pfizer ou Astrazeneca les résultats indiquent un effet "peu" ou "pas du tout" efficace contre Delta.

Les effets secondaires confirmés

L'ANSM a listé les effets indésirables du vaccin Pfizer selon leur fréquence :

Très fréquents (≥1/10) :

  • réaction au site d’injection (douleur, gonflement au site d’injection),
  • fatigue,
  • céphalées,
  • myalgies,
  • frissons,
  • arthralgies,
  • fièvre,
  • diarrhée.

Fréquents (≥ 1/100 à < 1/10) :

  • réaction au site d’injection (rougeur),
  • nausées,
  • vomissements.

Peu fréquents (≥ 1/1 000 à < 1/100) :

  • douleur aux extrémités,
  • lymphadénopathie,
  • insomnies,
  • malaise,
  • prurit au site d’injection,
  • réactions d’hypersensibilité (rash, prurit).

Réactions rares (≥ 1/10 000 à < 1/1 000) :

  • urticaire,
  • angio-oedème,
  • 4 cas de paralysie faciale (paralysie de Bell) sur 22 000 personnes vaccinées dans les essais cliniques ont été rapportés dans les jours qui ont suivi la vaccination (de 3 à 48 jours). Dans la majorité des cas, la paralysie a disparu au bout d’une semaine spontanément ou sous traitement approprié.

Autres effets indésirables rapportés avec une fréquence indéterminée :

  • réactions anaphylactiques,
  • myocardites/péricardites.

Les effets secondaires sous surveillance

Myocardites post-vaccination : l'OMS estime le lien "probable"

Des cas de myocardites (inflammation du muscle cardiaque) ont été signalés chez des jeunes hommes en Israël, où une grande partie de la population a reçu le vaccin de Pfizer/BioNTech. En France, 5 cas ont été recensés selon le point de situation de l'ANSM sur la surveillance des vaccins entre le 16 et le 22 avril 2021. "Les données disponibles n’apportent pas, à ce stade, suffisamment d’éléments pour conclure sur un rôle du vaccin, mais constituent néanmoins un signal potentiel", prévient l'autorité de santé. "Ces effets indésirables ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque du vaccin. Ils feront l’objet d’un suivi spécifique et seront partagés au niveau européen."

Mais fin juin, la Food and Drug Administration (autorité de santé américaine) a décidé d'ajouter un avertissement sur les risques de myocardite et de péricardite (inflammation de la membrane recouvrant le cœur) sur la notice du vaccin de Pfizer. Selon elle, les risques cardiaques sont plus élevés après la deuxième injection et les symptômes apparaissent généralement "quelques jours après la vaccination". Cet avertissement vaut également pour le vaccin de Moderna. Au 11 juin, 1200 cas d'inflammation ont été recensés suite à des injections de vaccins à ARN messager.

Le 9 juillet, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est prononcée sur le sujet et a affirmé qu'il existait un lien "probable" entre les cas de myocardite et de péricardite et l'injection de vaccins à ARN messager. "Les cas rapportés sont généralement survenus dans les jours qui ont suivi la vaccination, plus fréquemment chez les jeunes hommes et plus souvent après la deuxième dose des vaccins à ARN messager contre le Covid-19", ont détaillé les experts du Comité consultatif mondial. Néanmoins, selon eux, "les avantages des vaccins à ARN messager l'emportent sur les risques en réduisant les hospitalisations et les décès dus aux infections au Covid-19". En effet, les cas de myocardite et de péricardite recensés ont généralement une évolution favorable. "Un suivi est en cours pour déterminer les effets sur le long terme", ont-ils conclu.

Vaccin Pfizer et troubles menstruels

Dans son point de situation sur la surveillance des vaccins contre le Covid-19 sur la période du 16 au 22 juillet, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) rapporte des cas de troubles menstruels survenus après la vaccination, avec le vaccin de Moderna mais également celui de Pfizer.

Règles retardées, plus abondantes, plus douloureuses... Au total, 229 cas de troubles menstruels ont été signalés après une injection de Pfizer. Selon l'Agence, "il s’agit d’un signal potentiel" qui "va être porté au niveau européen". Néanmoins, ces effets seraient temporaires et sans gravité.

Erythème polymorphe et syndrome néphrotique sous surveillance

L'agence européenne du médicament a annoncé mercredi 11 août 2021 avoir mis sous surveillance des risques d'érythème polymorphe et de glomérulnéphrite suite à la déclaration de plusieurs cas chez des personnes vaccinées avec les vaccins ARN messager Pfizer et Moderna.

Une étude est donc en cours afin de déterminer si le lien avec les sérums de Pfizer et Moderna peut être confirmé et ensuite il faudra évaluer leur gravité et s'ils doivent entrer officiellement dans la liste des effets secondaires de ces vaccins.

  • L'érythème polymorphe : il s'agit d'une affection aiguë de la peau et des muqueuses avec des lésions caractéristiques en cocarde. Une sorte de réaction allergique sur la peau sous forme de plaque rouge en forme de cercle.
  • La glomérulnéphrite : appelé aussi syndrome néphrotique il s'agit d'une inflammation des glomérules du rein, qui peut perturber leur fonctionnement. Ce trouble peut entrainer des poblèmes urinaires, de l'hypertension artérielle, des oedèmes, des céphalées ou encore des maux de ventre sévères dans les cas les plus sérieux.

Arrivée en France

Le vaccin a reçu une autorisation de mise sur le marché au Royaume-Uni le 3 décembre 2020 et la vaccination a débuté dès la semaine du 7 décembre pour les personnes prioritaires. Il a également été autorisé à Bahreïn et au Canada. 

En ce qui concerne la France, suite à l'autorisation de l'AEM, la vaccination avec le vaccin Pfizer/ BioNtech a débuté le 27 décembre. La Haute Autorité de Santé a rendu un avis positif sur le vaccin Corminaty (nom commercial du vaccin Pfizer-BioNTech) le 24 décembre, dernière étape avant le lancement de la campagne. Selon cet avis, le vaccin peut "être utilisé chez les personnes de 16 ans et plus (...) du fait de son efficacité et de son profil de tolérance satisfaisant". La HAS approuve également la "stratégie de priorisation" déjà annoncée par le gouvernement. 

Mardi 8 décembre, la FDA a publié un rapport qui juge que l'injection d'une dose de ce vaccin offre à l'individu une protection quasi-totale après 10 jours avec une efficacité confirmée à 95% (même chez ceux ayant déjà contracté le virus a priori). L'agence américaine juge que les données portant sur 43000 personnes "suggèrent un profil de sécurité favorable, sans identification de problème de sécurité spécifique qui empêcherait" son autorisation de mise sur le marché. 

Quelle est la durée de protection ?

Les éléments dévoilés au départ par Pfizer et BioNTech ne permettaient pas de le dire. En effet, l'efficacité de 90% a été mesurée sept jours après l'injection de la deuxième et dernière dose du vaccin, soit 28 jours après la première (trois semaines séparant les deux injections).

Ces résultats préliminaires semblent montrer que "les individus vaccinés sont vraiment armés une semaine après" la deuxième injection, période à laquelle la réponse immunitaire "est maximale", mais cela "ne nous dit pas ce qui va se passer après", poursuit cet expert français.

Pour lui, l'un des enjeux est de savoir comment l'efficacité du vaccin évolue avec le temps : "Après trois semaines, puis un mois, puis deux, puis trois puis quatre, on verra si la protection est toujours la même".

Question à laquelle ont tenté de répondre des chercheurs américains dans une étude parue le 28 juin 2021 dans la revue Nature. Et selon eux, les vaccins à ARN messager offrent une protection contre le Covid-19 persistant plusieurs mois après l'injection. Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont recruté 14 personnes ayant reçu deux doses de ce type de vaccin. Des échantillons ont été prélevés dans leurs ganglions lymphatiques, cinq fois entre 3 et 15 semaines après leur première dose.

Pour tous les participants, le nombre de "cellules mémoire" - qui permettent de protéger l'organisme face à d'éventuelles agressions ultérieures par le même agent pathogène après une première exposition à celui-ci - n'avait pas baissé 15 semaines après la première dose de vaccin. Un "très bon signe" selon les chercheurs, qui notent que normalement, ce nombre diminue au bout de quatre à six semaines.

Contre quoi ce vaccin protège-t-il ?

Empêche-t-il carrément l'infection par le coronavirus SARS-CoV-2 ou réduit-il seulement les symptômes de la maladie en évitant les formes graves ? Est-ce qu'avoir reçu ce vaccin implique qu'on ne peut plus transmettre le Covid-19 ? Au départ, les réponses manquaientn faute de publication des données scientifiques.

"Si le vaccin protège contre l'infection elle-même, et donc diminue le risque de transmission par des personnes asymptomatiques, cela pourrait nous permettre à l'avenir de réduire les mesures de contrôle" de l'épidémie, indique une experte britannique, la Dr Penny Ward, citée par l'organisme Science Media Centre.

"Mais s'il protège contre le risque de maladie, et non contre l'infection elle-même, alors les mesures de contrôle devront rester en place jusqu'à ce qu'un nombre suffisant de gens ait été vacciné", poursuit la Dr Ward, spécialiste auprès du King's College de Londres et de la Faculté britannique de médecine pharmaceutique.

Plusieurs études récentes ont néanmoins démontré que le vaccin Pfizer permet non seulement de prévenir les formes graves, mais aussi de réduire les risques de transmission du virus.

Est-il efficace chez les sujets à risques ?

Dix mois après l'apparition de cette nouvelle maladie, on sait que certaines catégories de population ont plus de risques que les autres de faire des formes graves. Parmi ces facteurs de risque, la vieillesse, l'obésité, le diabète, l'hypertension ou la présence d'autres maladies (cardio-vasculaires notamment). Or, les données parcellaires rendues publiques par Pfizer et BioNTech ne permettent pas de savoir si leur vaccin est efficace chez ces personnes à risques. "Dans les publications scientifiques, on voit toute cette stratification des individus, selon l'âge, la présence de comorbidités (d'autres affections en plus de la maladie étudiée, ndlr), l'origine ethnique, etc. Là, on n'a pas tout ça", note Bruno Pitard.

Dans le second communiqué, le laboratoire donne plus de précisions sur l'échantillon des personnes participant à leur étude : les 43000 participants ont été inclus dans 150 lieux dans le monde, dont 39 aux Etats-Unis. "Environ 42% des participants mondiaux et 30% des participants américains ont des origines raciales et ethniques diverses (...) 41% des participants mondiaux et 45% des participants américains ont entre 56 et 85 ans". Cette information est d'autant plus importante que ce sont les personnes âgées qui sont les plus sévèrement touchées par les formes graves de Covid19. L'efficacité du vaccin Pfizer/BioNTech pour les personnes de plus de 65 ans serait même de "plus de 94%".

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Vaccin à ARN messager, une technologie inédite

Contrairement aux vaccins classiques qui présentent à l'organisme une partie du virus non infectieuse capable de susciter la production d'anticorps par le système immunitaire (vaccin inactivé ou recombiné), le vaccin de Pfizer (tout comme celui de Moderna) repose sur une nouvelle technologie : les vaccins à ARN messager, dont aucun n'a jusqu'alors été commercialisé pour l'homme. Cette technologie prévoit d'injecter une partie du code génétique du Sars-Cov-2, appelée ARN Messager. Ce bout de code génétique va amener les cellules du corps humain à produire elles-mêmes une protéine du virus, puis les anticorps. L'avantage est qu'il n'y a pas besoin de cultiver les agents pathogènes en laboratoire, ce qui rend leur mise au point nettement plus rapide. L'inconvénient est que cette ARN messager peut se dégrader rapidement et doit donc être conservé à des températures très basses.


Mis à jour le 05 octobre 2021
  • One Pfizer/BioNTech jab gives '90% immunity' from Covid after 21 days, the Guardian (accessible en ligne)
  • UPDATE: ALBERT BOURLA DISCUSSES COVID-19 VACCINE EFFICACY RESULTS - Pfizer - 9 novembre 2020 (accessible en ligne)
  • PFIZER AND BIONTECH ANNOUNCE VACCINE CANDIDATE AGAINST COVID-19 ACHIEVED SUCCESS IN FIRST INTERIM ANALYSIS FROM PHASE 3 STUDY - communiqué de presse Pfizer 9 novembre (accessible en ligne)
  • PFIZER AND BIONTECH CONCLUDE PHASE 3 STUDY OF COVID-19 VACCINE CANDIDATE, MEETING ALL PRIMARY EFFICACY ENDPOINTS - Wednesday, November 18, 2020 - 06:59am (accessible en ligne)
  • Vaccines and Related Biological Products Advisory Committee Meeting - December 10, 2020 FDA Briefing Document Pfizer-BioNTech COVID-19 Vaccine (document accessible en ligne)
  • Safety and Efficacy of the BNT162b2 mRNA Covid-19 Vaccine, N Engl J Med, 10 décembre 2020.
  • EMA recommends first COVID-19 vaccine for authorisation in the EU, European Medicine Agency, 21 décembre 2020 (accessible en ligne). 
  • Pfizer et BioNTech reçoivent l’autorisation de l'Union Européenne pour leur vaccin COVID-19, Communiqué de presse Pfizer et BioNTech, 22 décembre 2020. 
  • Point de situation sur la surveillance des vaccins contre la COVID-19, ANSM, 19 janvier 2021. 
  • Vaccins Pfizer et Moderna : le délai entre deux doses maintenu à 28 jours pour les personnes ayant déjà reçu la 1ère, BFMTV, 12 avril 2021. 
  • Vaccins: Pfizer prépare "pour l'été" une version plus facile à conserver (PDG à l'AFP), AFP, 23 avril 2021. 
  • Point de situation sur la surveillance des vaccins contre la COVID-19 - Période du 16/04/2021 au 22/04/2021, ANSM, 30/04/2021. 
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